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Les fragments de Camille

29 avril 2026

Chapitre 2 : Une situation qui dérape

La situation a vraiment basculé un mardi à la cantine.

Je cherchais une place avec mon plateau, scrutant les tables bondées, espérant trouver un coin tranquille où m'asseoir sans attirer l'attention. C'était l'heure de pointe, le réfectoire était bruyant comme toujours, et l'odeur de purée tiède flottait dans l'air. Jordan m'a repérée avant que je ne le voie. Il était assis avec ses amis, à cette grande table du fond qu'ils occupaient tous les midis comme un territoire conquis. Je l'ai croisé du regard une fraction de seconde — une erreur.

Il s'est levé, faussement serviable.

- Tiens, Lilou, je t'ai gardé une place.

Je n'ai pas eu le temps de répondre. Sa main s'est glissée dans mon dos, juste au-dessus des hanches, là où je suis horriblement chatouilleuse. Mon corps a réagi avant que mon cerveau n'ait pu faire quoi que ce soit : un sursaut brutal, incontrôlable, et mon plateau m'a échappé des mains.

Le fracas a été retentissant.

Je suis restée figée, les bras dans le vide, à regarder mon repas se répandre sur le carrelage. La purée s'étalait lentement dans une flaque de sauce brune, le verre renversé laissait une traînée de soda qui avançait en silence vers les chaussures de la fille assise à la table voisine. Autour de moi, les rires avaient fusé avant même que le dernier morceau de pain ait touché le sol.

- Oh, bravo Lilou !

- Regarde où tu marches !

- Elle a tout renversé, c'est dingue !

Je sentais mes joues brûler. Je voulais disparaître, m'évaporer, traverser le carrelage et ne jamais remonter. Jordan, lui, avait ce sourire narquois qu'il arborait chaque fois qu'il venait de réussir un coup. Mais dans son regard, j'ai cru percevoir une légère surprise, il n'avait peut-être pas anticipé que ça dégénère autant. Peut-être. Ça ne lui a pas suffi pour s'excuser.

Une surveillante a fendu la foule avec une serpillère et un balai, l'air exaspéré.

- Fais attention, Lilou, soupira-t-elle en me tendant les outils sans même lever les yeux vers moi.

- C'était pas ma faute, murmurai-je.

Mais ma voix s'est perdue dans le brouhaha. Personne n'écoutait. Jordan s'était accroupi à côté de moi, ramassant ma fourchette avec un air de fausse bienveillance.

- Laisse, je t'aide.

- Ne m'approche pas, soufflai-je, la voix tremblante.

Il a haussé les épaules et s'est relevé, déjà en train de rire avec ses amis. Je me suis mise à nettoyer seule, les mains tremblantes, sous les regards de toute la cantine. Mon appétit avait disparu. Il ne me restait que l'envie de partir.

Ce genre de scène, c'était devenu mon quotidien.

Depuis que Pauline avait éventé mon secret, j'avais l'impression de porter une cible dans le dos. Une bande de hyènes en embuscade, prêtes à bondir dès que je baissais la garde. Même certains profs semblaient avoir remarqué quelque chose. Une fois, en plein échauffement au cours d'EPS, M. Moreau m'avait lancé depuis l'autre bout du gymnase :

- Attention, Lilou, ne te laisse pas déconcentrer !

Je n'avais jamais su si c'était innocent ou s'il était au courant. Dans les deux cas, j'avais eu envie de rentrer sous terre.

J'en avais parlé à Pauline, espérant un peu de soutien. Elle m'avait regardée avec cet air légèrement amusé qui m'agaçait tant ces derniers temps.

- Lilou, détends-toi. On rigole, c'est bon enfant !

Bon enfant. Pour elle, peut-être. Pour moi, c'était une guerre d'usure. Je ne savais jamais quand ça allait arriver. Dans chaque couloir, à chaque pause, je me tenais sur le qui-vive, les épaules légèrement rentrées, les bras instinctivement serrés contre mon corps. Parfois je me disais que c'était dans ma tête, que personne ne pensait vraiment à moi. Mais il suffisait d'une main qui effleurait mon épaule par accident pour que mon cœur s'emballe.

Une nuit, j'avais même rêvé que tout le lycée organisait un marathon des chatouilles dont j'étais l'unique cible. À mon réveil, j'étais tellement crispée que j'en avais oublié de petit-déjeuner. Je m'étais dit que c'était juste un mauvais rêve, que mon cerveau exagérait. Je ne savais pas encore à quel point la réalité allait s'en approcher.

J'avais essayé de trouver des solutions. Des vidéos sur la gestion du stress, des exercices de respiration. Rien n'y faisait. Mon corps était une trahison ambulante, un champ de mines que tout le monde semblait vouloir explorer avec le sourire.

Mais un après-midi, en cours de français, quelque chose avait changé.

Jordan, encore lui, avait tenté une attaque surprise en pleine rédaction. Cette fois, j'avais senti sa main arriver. Une fraction de seconde d'anticipation — et j'avais pris sur moi. Respiré. Serré les dents. Je n'avais pas bougé.

Le voir désarçonné, la main dans le vide, son sourire qui se figeait en point d'interrogation — ça m'avait donné quelque chose. Une petite victoire, ridicule peut-être, mais réelle. La preuve que ce n'était pas totalement impossible.

Peut-être que je pouvais apprendre à me contrôler. À ne plus leur donner ce qu'ils cherchaient.

Ou peut-être que j'avais juste eu de la chance.

Le Secret de Lilou, chapitre 2.

21 avril 2026

Travail en progrès (1)

J'ai retiré les extraits du premier chapitre du Journal de Lilou, qui n'étaient plus nécessaires. 

5 avril 2026

Lilou la chatouilleuse

Je poste ici tout le chapitre 1, un peu plus travaillé.

Je m'appelle Lilou, et j'ai un secret un peu gênant : je suis extrêmement chatouilleuse. Et quand je dis "extrêmement", ce n'est pas un simple haha, arrête ! c'est un s'il te plaît, ne m'approche pas, je vais exploser de rire et m'effondrer par terre. Au lycée, croyez-moi, ce genre de détail peut ruiner une vie.

Pauline, ma meilleure amie, a découvert mon point faible un matin de printemps, après un contrôle de maths désastreux. Elle voulait juste me taquiner. Un effleurement sur les côtes, une fraction de seconde,  et j'ai hurlé si fort que trente têtes se sont retournées d'un seul coup. Le professeur a levé les yeux par-dessus ses lunettes. Pauline, elle, a souri. Ce sourire-là, je l'ai tout de suite reconnu : c'était celui de quelqu'un qui vient de trouver un jouet.

Je suppose que ma silhouette n'arrange pas les choses. Petite et mince, avec mes cheveux blonds mi-longs qui me tombent sur les épaules, j'ai ce genre d'allure qui inspire spontanément l'envie de taquiner. Pauline dit que j'ai "une tête de fille à qui on a envie de faire des blagues". Elle n'a pas tout à fait tort. Mon visage ne sait pas mentir, quand je suis gênée, ça se voit, quand je suis agacée, ça se voit encore plus, et quand j'essaie de cacher mon rire, c'est une catastrophe absolue. Ce que je ressens s'affiche toujours, comme une enseigne lumineuse que je n'ai pas les moyens d'éteindre.

Les jours suivants la découverte de Pauline, elle a "testé ses hypothèses", comme elle disait, avec une rigueur scientifique qui m'aurait presque impressionnée dans d'autres circonstances. Elle apprenait mes angles morts. Si je me penchais pour attraper mon sac, ses doigts passaient sur mes hanches. Si je levais les bras pour attacher mes cheveux, elle glissait un doigt sous mon aisselle. Et si, par malheur, je m'asseyais pieds nus à côté d'elle (ce que je faisais de moins en moins), elle ne résistait jamais à la tentation.

- Sérieux, Lilou, t'es vraiment un cas. Comment on peut être aussi chatouilleuse ?

- Et toi, comment on peut être aussi chiante ? répondais-je, sans vraiment y mettre de conviction.

Elle haussait les épaules, faussement candide.

- Je veux juste comprendre comment ça marche.

Le pire, c'est que je la laissais faire. Parce qu'au fond, c'était notre façon à nous de rire ensemble, même si c'était toujours moi qui riais le plus, et toujours contre ma volonté.

Jusqu'au cours d'histoire.

Elle avait attendu que je sois pleinement concentrée, stylo en main, copiant sagement ce que le professeur dictait, et là, ses doigts s'étaient posés furtivement sur ma taille. Mon sursaut avait été si violent que j'avais griffonné un trait rageur en travers de ma page. Je l'avais fusillée du regard.

- T'es folle, avais-je soufflé entre mes dents.

Elle avait répondu avec un sourire d'ange.

- Juste une expérience scientifique.

C'est ce jour-là que j'aurais dû dire stop. Mais je ne l'ai pas fait.

Quelques semaines plus tard, nous faisions nos devoirs dans ma chambre. Il y avait une lumière douce, de la musique en fond, l'odeur du thé refroidi sur mon bureau — un de ces après-midis paresseux où l'on se sent en sécurité. Pauline était allongée sur mon lit, un manuel ouvert devant elle, apparemment absorbée par sa lecture.

Apparemment.

Ses doigts ont commencé à tambouriner doucement sur mes côtes, d'abord presque imperceptiblement, puis avec une précision redoutable. J'ai bondi. Le stylo a volé à travers la pièce.

- Pauline.

- Quoi ?

- Arrête.

- J'ai rien fait.

- Pauline.

Elle a levé les yeux, et cette fois, quelque chose dans mon ton a dû la convaincre, parce que son sourire s'est légèrement effacé.

- OK, OK. J'arrête.

Un silence.

- Pour aujourd'hui, a-t-elle ajouté avec un clin d'œil.

Je n'ai pas ri. Et pour la première fois depuis des mois, elle l'a remarqué.

Le problème, c'est qu'entre-temps, elle en avait déjà parlé aux autres. Je ne sais pas exactement comment, ni quand — mais le mal était fait. Dans les couloirs, certains souriaient en me voyant passer. En cours de gym, deux filles que je connaissais à peine avaient échangé un regard complice dans ma direction. Et un matin, en arrivant en classe, j'avais entendu quelqu'un murmurer dans mon dos :

- Ah, voilà Lilou la chatouilleuse.

J'avais fait semblant de ne pas entendre. Mais mon visage, lui, n'avait pas suivi. Il ne savait pas faire autrement.

Le secret de Lilou (chapitre 1).

22 octobre 2025

Une confidence très troublante

Rien d’important aujourd’hui, j’en profite pour poursuivre mon récit.

Allongés sur nos serviettes, nous avons discuté de tout et de rien, de son métier, de mes études, des derniers films ou livres à la mode. Je l’ai senti soudain hésitant.
– Tu te souviens il y a 3 ans Alice ?
– Oui, nous étions sur cette plage, avec votre fille. Pourquoi cette question ?
– J’avais été ravi de te retrouver. Tu n’étais plus une enfant, tu avais déjà bien grandi et tu avais beaucoup de charme. J’ai beaucoup pensé à toi depuis.
Il marqua un temps d’arrêt, dont je ne profitai pas pour l’interrompre. J’étais troublée.
– Je t’imaginais en maillot de bain, telle que tu es maintenant, et je caressais ton ventre, seulement ton ventre. Je ne faisais rien d’autre.
– Je n’avais que 17 ans.
– Je le savais, je ne voulais pas davantage que ces caresses. Je te le promets, je ne désirais rien de plus. J’avais le sentiment que le faire m’apporterait une certaine plénitude. Le seul fait de l’imaginer m’en faisait presque ressentir le début.
Nous étions tous les deux allongés sur le ventre, une de mes jambes le frôla. Je ne pus voir l’effet éventuel sur son sexe. Sa confidence continuait à me troubler. Il y a trois ans, je ne m’étais rendue compte de rien.
– Et maintenant, vous voudriez plus ?
L’arrivée de sa fille l’empêcha de répondre. Elle demanda en souriant si elle ne nous dérangeait pas avant de s’allonger à son tour sur sa serviette.

Extrait du journal d'Alice, 14 août 2014.

21 octobre 2025

Un revenant

Je suis en Bretagne depuis samedi, chez ma grand-mère. Je lui rends souvent visite pendant les grandes vacances. Nous ne sommes souvent que toutes les deux et nous parlons beaucoup. Ces longues conversations ont commencé alors que je savais à peine parler. Nous nous en sommes dit des choses ! Nos joies et nos espoirs, mais aussi nos déceptions, nos peines, nos chagrins. Après Justine, c’est envers elle que j’ai le moins de secrets. Je lui cache juste les trucs un peu chauds. Le soir, après le dîner, elle se couche et je bouquine, ou je regarde la télévision. Le matin, nous sortons faire quelques courses, de préférence au marché. L’après-midi, je passe quelques heures sur cette plage qui s’étire en une longue courbe de sable blond, bordée de rochers sombres et de petites criques où l’eau se retire en laissant des flaques miroitantes. Le vent transporte des odeurs mêlées d’iode, d’algues et de crème solaire. On entend, au loin, les cris d’enfants et le claquement sec des cerfs-volants. Les vagues viennent mourir doucement sur le rivage, ourlant la plage d’une mousse blanche et légère. Le sable est chaud, presque brûlant, comme si la terre elle-même voulait me serrer contre elle. Je sens la morsure légère du sel sur ma peau, ce goût de mer que le vent dépose sur les lèvres. J’aime cette atmosphère.

Hier, allongée sur une serviette et ne portant que le bas de mon bikini, j’étais plongée dans la lecture du dernier roman de l’écrivain japonais Murakami. Le soleil tapait fort, et je sentais la chaleur monter du sable, presque brûlante contre ma peau. Autour de moi, les parasols colorés formaient un patchwork mouvant au rythme du vent. Une ombre apparut sur la page que je venais d’entamer. Je levai la tête, clignai des yeux à causes du soleil et reconnu l’homme debout à côté de moi. Je n’avais pas vu Pierre, l’ancien voisin de ma grand-mère jusqu’à son divorce, depuis trois ans. Sa fille, Léa, qui doit avoir une quinzaine d'années, se tenait à ses côtés. Je m’empressai de revêtir mon haut de bikini et nous nous sommes fait la bise. Nous avons échangé quelques nouvelles puis nous avons décidé d’aller nous baigner. L’eau, d’un vert transparent, était fraîche au premier contact mais délicieuse une fois le corps entièrement mouillé. Nous nous sommes vite retrouvés à chahuter dans l’eau, Léa et moi nous acharnant à le renverser. Un peu plus tard, elle repéra sa bande d’amis et s’empressa de la rejoindre. Nous avons continué à nous éclabousser, à nous pousser. Sans l’aide de Léa, j'étais davantage en situation de faiblesse. Je poussai quelques cris lorsque sa force me faisait perdre l’équilibre. Pour le renverser à mon tour, je plongeai pour m’emparer d’une de ses chevilles. Même s’il n’est pas très bel homme (une vie trop sédentaire avec comme résultat un léger embonpoint, mais à un peu plus de 50 ans, ce n’est pas si mal), je ne détestais pas sentir son corps contre le mien. Nous sommes sortis de l’eau, ruisselants, le sable collant aussitôt à nos pieds et à nos mollets. Nous avons enjambé de nombreux autres corps - à croire que la population de la planète avait décidé de séjourner dans la petite station balnéaire – et nous nous nous sommes allongés sur nos serviettes. Autour de nous, le sable étincelait sous la lumière dorée de l’après-midi, les cris des mouettes se mêlaient aux rires des vacanciers, et la mer, au loin, scintillait comme un miroir brisé.

Extrait du journal d'Alice, 13 août 2014.

18 octobre 2025

Cris de plaisir.

Vers midi, Claire me fait changer de tenue. Laurent est allé louer dans une boutique de déguisements une tenue de soubrette. Je suis trop fourbue pour protester ni pour montrer que je prends tout cela à la légère. Je grommelle deux ou trois mots puis retourne dans la salle de bain. La tenue se compose d’une jupe très courte et d’un tablier très décolleté. Je n’ai pas le droit aux sous-vêtements qui la rendraient presque décente. Je leur mitonne un bon petit plat puis assure un service très respectueux, taches plus reposantes que celles du matin. Je déjeune ensuite toute seule dans la cuisine. 

Le repas expédié, je remets la blouse grise, je débarrasse les tables et je m’attaque à la vaisselle. Je sens une certaine tension entre mes maîtres. Je soupçonne Laurent d’avoir envie de profiter un peu plus de la situation. Il s’est régalé en me voyant m’agiter autour de lui dans des tenues montrant plus qu’elles ne cachaient mais il a aussi senti le désir monter en lui et devenir de plus en plus pressant. Claire n’a pas manqué de s’en apercevoir et lui a fermement fait comprendre qu’aucun plan cul à trois n’était à espérer, ni même à imaginer. Les dernières heures sont consacrées à l’activité domestique que j’abhorre le plus, le repassage. Une montagne de chemises, de robes, de jupes, de petites culottes, de slips, de jeans, ou encore de soutien-gorge m’attendait, comme si mes bourreaux en avaient profité pour proposer mes services de parfaite ménagères à tout leur voisinage. La lingerie, belle et coûteuse, portée par Claire indiquait sans aucun doute une jeune femme dotée d’un goût sûr. Le repassage à peine commencé, Claire et Laurent se sont dirigés vers leur chambre et les cris de plaisir poussés par mon amie confirment que je n’avais pas laissé le jeune homme indifférent. Il faudra que je lui demande si elle pousse de tels hurlements d’habitude. Ils me libèrent en fin d’après-midi. J’avais compris ce que le mot corvéable signifie. Leur appartement était tout propre.     

Extrait du journal d'Alice, 27 juin 2014.

17 octobre 2025

Une blouse de jute bien trop courte

Nous passons la soirée en boite, avec Laurent, son copain. Je dors chez eux et, après trop peu d’heures de sommeil, je me mets à leur entière disposition. Claire me tend une blouse en jute grise et me précise que je dois la porter sans aucun autre vêtement. Je rougis, ce détail n’était pas prévu au programme. Je suis fidèle à mon désir de la jouer détachée et je retourne dans la salle de bain pour me changer. La blouse est trop courte et j’ai l’impression que chacun de mes mouvements risquera de la faire exploser. Je me regarde dans la glace, elle ne recouvre que le haut de mes cuisses et arrive à rendre ma poitrine presque proéminente. Le contact avec la jute est désagréable. Je suis surprise de voir que mes mamelons ont durci dès leur premier contact avec cette matière rêche, plus destinée à la pénitence qu’au plaisir. Je sors de la pièce puis je passe la matinée à laver, briquer, nettoyer, frotter, récurer, sous les regards amusés du couple Thénardier, parvenant à oublier que mes fesses leur sautent aux yeux dès que je me baisse et que mes seins se balancent en toute liberté sous les caresses rugueuses de ma blouse.

Extrait du journal d'Alice, 25 juin 2014.

16 octobre 2025

Elle a souri, le triomphe modeste

J'ai dit à Claire que je renonçais. Elle a souri, le triomphe modeste. Je sais le prix qu’il me faudra payer, être à son entière disposition pendant une journée entière. Je crois que je vais me taper toutes les taches ménagères. Telle que je la connais, elle en fera le moins possible les jours précédents, non par fainéantise mais pour accentuer sa victoire, pour la rendre encore plus mémorable, plus écrasante. Heureusement que son appartement ne comporte que deux pièces principales. Comme ça a l’air de beaucoup amuser Claire, je vais essayer de tout prendre à la légère. Après tout, c’est un peu comme si je jouais dans un film, dès le soir je ne serai plus sa femme de ménage. Une vraie femme de ménage l'est toute sa vie. J’espère que je ne me sentirai pas trop humiliée devant Laurent, son copain. Un moment, j’avais espéré qu’il ne serait pas là mais ce ne sera pas le cas.

Extrait du journal d'Alice, 24 juin 2014.

14 octobre 2025

Fête de la musique et coupe du monde

Un dimanche dans le lit. Je n'étais ni malade, ni bien accompagnée, mais il fallait bien ça pour me remettre de cette nuit blanche passée à écouter de la musique dans différents lieux de Paris. De la musique plein les oreilles et la sensation d'avoir parcouru des millions de kilomètres ! Il fallait nous voir, rien que des filles, à chanter entre deux concerts de vieux tubes de Madonna ou de Britney Spears. Et de nous enfuir en riant lorsque nous attirions trop les groupes de garçons.

Coupe du monde, les Français et les Algériens se voient déjà en finale alors qu'ils n'ont battu que la Suisse et la Corée du Sud. Ces deux pays sont sûrement valeureux mais ne sont pas de vraies pointures. Le Portugal n'a pas réussi à vaincre les Etats-Unis et on risque de ne plus trop voir le beau Ronaldo. J'espère quand-même que le Brésil va réussir à se qualifier. Parce que Neymar, il n'est pas mal non plus.   

Extrait du journal d'Alice, 23 juin 2014.

13 octobre 2025

J'étais nue et je me suis réveillée

Le pari avec Claire me fait de plus en plus peur. J'en ai rêvé cette nuit, des hordes d'étudiants me poursuivaient dans une cité abandonnée et je perdais mes vêtements un à un alors que je courais. J'étais nue et je me suis réveillée, le corps couvert de sueur, au moment où un grand escogriffe, le plus terrifiant de la horde, était en train de me plaquer, comme au rugby. Des seins nus sous un débardeur transparent risquent de m’emmener tout droit dans un tribunal pour exhibitionnisme. Je n’ai pas non plus envie de passer pour une fille facile, voire pour une putain, même si je sais qu’il n’existe pas de sots métiers, juste des personnes sottes. Je me joue sûrement des films mais ils suffisent pour me mettre mal à l’aise, pour me faire perdre une assurance qui n’est souvent que de façade, pour me stresser.  

Extrait du journal d'Alice, 19 juin 2014.

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